En tendons efficaces, nous courons ; bien entendu !

A VOTRE SANTE

Ou comment dire des choses sérieuses avec légèreté !

Nous avons une merveilleuse organisation dans le corps humain ! La pratique de la course à pied en mobilise une bonne partie. Notre article du jour attire votre attention sur les tendons. Nous avons déjà abordé une partie du sujet dans la rubrique « tendinopathie » ou celle de « l’essuie-glace », mais notre souci du jour est de vous informer avant que vous n’ayez à lire ces rubriques !

Le tendon relie un os à un muscle quant au ligament il relie deux os. La fibre de collagène constitue l’essentiel de ce tendon, contrairement à nos remarques stupides qui vous collent la gène lors de la lecture d’un article complexe. Certains tendons sont entourés d’une gaine tendineuse contenant un lubrifiant, similaire à celui produit par les bourses séreuses et destiné à faciliter les mouvements, à réduire la friction (et donc la surchauffe) bref, à amoindrir les usures possibles dues à l’utilisation du tendon. Le cours de la bourse n’a cependant rien avoir avec l’utilisation de ces bourses quand on court. Séreusement, le crash boursier du tendon s’appelle une bursite. Si l’on vous conseille de boire, c’est parce qu’un tendon est constitué de 70% d’eau et de 30% de masse sèche ! On a bien dit de l’eau ! Et ce lubrifiant est impératif pour faire notre parcours de course à pied.

 

Mécaniquement, un muscle se contracte. S’il n’est relié à rien, il ne sert à rien. Achille l’avait bien compris : pas facile de se mouvoir si le tendon qui porte son nom est rompu. Avant d’en arriver là, il faut vraiment une sacrée pathologie ou un sacré choc ! Donc de chouettes muscles, hyper doués pour la course à pied, ne sont utiles que s’ils sont reliés par les tendons à nos diverses parties du corps. Le muscle est le moteur, la transmission c’est grâce au tendon et les os font les leviers !

Vous comprenez dès lors l’utilité de choyer vos tendons : lubrification optimale, entraînements progressifs, repos entre les séances longues, étirements doux 30 min après l’effort, bref se persuader que ces tendons sont aussi indispensables que les muscles, sinon, ils vous le font savoir et leur inflammation est très différentes des autres inflammations de votre corps.

Il n’y a pas beaucoup de vaisseaux sanguins dans un tendon mais des nerfs, oui : il faut plein d’informations pour adapter la traction musculaire. S’il y a 4000 tendons dans le corps, il n’y a « que » 570 muscles qui s’y accrochent et vous en déduirez donc qu’il y a souvent plusieurs tendons par muscle. 570 !! Imaginez la quantité d’informations traitées par votre cerveau à chaque foulée, pendant que vous balancez votre corps de gauche à droite et d’avant en arrière. Et en faisant des bonds pendant ce temps là. Ben oui, la marche olympique oblige que l’un des pieds reste au sol, la course à pied, elle, vous permet de quitter très momentanément la surface terrestre ! Chaque muscle doit travailler précisément et les tendons doivent envoyer et recevoir des informations sur cette tension précise à avoir. A chaque impulsion, le joggeur s’envoie en l’air et notre oreille interne en gère le positionnement dans l’espace.

Une cinquantaine de muscles dans chaque jambe, 50 dans chaque bras. Les muscles élévateurs des côtes qui ont du boulot lors de notre jogging (le « point de côté » est là pour nous le rappeler) vous imaginez comme le microprocesseur cérébral s’active sacrément lors d’un footing sympa !

Il est donc important de choyer tant nos neurones que nos tendons ! Pourtant, il doit se nourrir ce tendon ! C’est par le biais des membranes entourant les fibrilles que les éléments nutritifs sont apportés et l’eau conservée. Un tendon immobilisé s’atrophie, il lui faut du mouvement pour se nourrir ! Les personnes âgées qui s’entraînent voient les caractéristiques visco-élastiques se maintenir bien plus longtemps que ceux qui ne s’entraînent pas  (3).

Le manque d’activité rend les tendons rigides et fragiles et les assouplir à nouveau est lent, difficile et délicat (mais possible). C’est le mouvement qui hydrate les tendons. Donc bougeons !! Et buvons de l’eau, surtout avant un effort : c’est primordial. Primordial : premier dans l’ordre. Si vous voulez gagner …de la tranquillité !

Si un médecin vous en prescrit, n’oubliez pas que le collagène doit être du collagène natif, c’est-à-dire non dénaturé. Et que la prise de ce collagène s’accompagne impérativement de vitamine C, une bonne orange suffit ! (2) Attention, ce n’est pas parce que le collagène est à l’origine de la gélatine de vos confiseries favorites qu’il faut s’en gaver ! Ce collagène-là est dénaturé.

Pour votre complète information, retenez quelques éléments toxiques pour les tendons : outre la déshydratation, cause première de tendinopathies, les statines (3), les corticoïdes et les fluoroquinolones, qui se trouvent dans certains antibiotiques. Ces antibiotiques (de type Ciproxine 1) favorisent les tendinites , voire les ruptures du tendon ! Ne pas courir pendant la prise et au moins une semaine après ! Les atteintes dues à la prise de cet antibiotique sont irréversibles.

Vous voilà informés de la façon dont fonctionne vos sains tendons et ne doutez plus de l’utilité du sport pour le maintien de leurs fonctionnalités. Ce sont les excès (km, fréquences, intensité,…), les erreurs de matériel (chaussures,..), l’absence d’absorption d’eau en suffisance qui sont à l’origine de nos soucis, bien avant la pratique sportive elle-même.

Sportez-vous bien !

J. Air

  1. https://compendium.ch/mpro/mnr/20684/html/fr?Platform=Desktop
  1. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32012R0432&from=FR
  2. https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/175415/1/Tendon%20et%20tendinopathie%20-%20Kaux.pdf
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